Dans la grande famille des « Premières nations » nord-américaines, le peuple innu est celui dont le territoire traditionnel s’étale au nord du fleuve et du golfe Saint-Laurent. En fait, il correspond à la Côte-Nord québécoise, un coin d’Amérique beau à rêver qualifié pourtant de « Terre de Caïn » par le navigateur breton Jacques Cartier, et au Labrador, vaste contrée devenue québécoise néanmoins cédée par la couronne britannique à Terre-Neuve au début du XXe siècle.
À ne pas confondre avec les Inuits (Grand-Nord canadien et Groënland), les Innus (alias Montagnais, Papinachois et bien d’autres noms) sont de paisibles Algonkiens qui, depuis le recul des glaces survenu il y a 12 000 ans, se sont considérés comme étant les gardiens de leur territoire (Nitassinan). Mais avec l’arrivée des Européens à partir du XVe siècle et, surtout, du XVIe, leur mode de vie a basculé. Tant et si bien qu’aujourd’hui, ils sont surtout nomades dans l'âme. Par la force des choses, ils se sont sédentarisés dans des communautés appelées aussi « réserves ».
Leur réalité linguistique peut varier d’une communauté à l’autre (il y en a onze) alors que la langue maternelle des enfants sera l’innu-aimun (une langue algonquienne codifiée et documentée), le français ou l’anglais. 65 % de la population innue, plus ou moins 15 000 âmes, a moins de 35 ans.
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